Blog · 18 octobre 2026 · 4 min

Étude de marché boulangerie : la clientèle avant le bail

Étude de marché boulangerie : comment lire la clientèle, compter les concurrents dans SIRENE et juger la distance à pied avant de signer.

Une étude de marché boulangerie répond à trois questions : qui achète du pain autour du local, combien de boulangeries existent déjà, et jusqu'où un client marche pour y aller. On croise ces trois lectures avant de signer un bail, pas après.

Studama construit ce type d'étude commune par commune. Ce guide donne les sources à ouvrir et la façon de les lire, sans jargon.

Étude de marché boulangerie : par où commencer

La première lecture porte sur les habitants proches du local, pas sur la ville entière. Une rue commerçante et une zone pavillonnaire voisine n'achètent pas le même pain, aux mêmes heures.

On regarde ensuite qui vend déjà, puis seulement la distance que les clients acceptent de parcourir à pied. L'ordre compte : commencer par la distance avant de connaître la clientèle fait choisir un rayon au hasard.

Qui achète du pain autour du local

Le recensement de la population donne la répartition par tranche d'âge, commune par commune. Une tranche jeune et mobile achète différemment d'une tranche installée avec des enfants scolarisés à proximité.

La composition des ménages donne un second repère : un quartier avec beaucoup de familles soutient une boulangerie-pâtisserie toute la semaine, un quartier de bureaux la fait vivre surtout le midi.

Le type d'habitat renseigne aussi : un quartier de maisons individuelles achète souvent moins de viennoiserie en semaine qu'un quartier d'immeubles proche d'un pôle de bureaux.

Ces lectures se trouvent sur le site de l'Insee, par commune, avec leur année de recensement. On les cite avec leur source, jamais de mémoire.

Compter les boulangeries dans SIRENE

SIRENE est le répertoire officiel des entreprises et de leurs établissements, tenu par l'Insee. Il permet de lister, commune par commune, les établissements actifs classés sous un code d'activité donné.

Deux codes concernent le pain : 10.71C pour la fabrication de pain et de pâtisserie fraîche, et 47.24Z pour le commerce de détail de pain et pâtisserie. Un établissement peut porter l'un ou l'autre selon qu'il fabrique sur place ou revend.

Dans la pratique, il ne faut pas s'arrêter à l'un des deux codes : une boulangerie artisanale qui fabrique et vend se classe souvent en 10.71C, une enseigne qui revend sans fabriquer se classe plutôt en 47.24Z. Les deux listes se croisent avant de compter.

Pour interroger SIRENE soi-même, trois étapes suffisent :

  • ouvrir la recherche d'entreprises sur le site de l'Insee ou sur data.gouv.fr ;
  • filtrer par commune, puis par code d'activité (10.71C ou 47.24Z) ;
  • exporter la liste et noter la date de l'export, car des établissements ouvrent et ferment chaque mois.

Voici les contrôles à faire sur chaque établissement listé :

  • l'établissement est-il encore actif, ou a-t-il fermé sans que SIRENE soit mis à jour ?
  • l'adresse correspond-elle à un commerce visible, ou à un siège administratif sans vitrine ?
  • le code fabrication et le code commerce désignent-ils le même établissement, ou un doublon ?

La distance à pied compte plus que le cercle

Un cercle tracé sur une carte autour du local ignore les rues à sens unique, les voies ferrées et les pentes. Un client qui achète son pain le fait presque toujours à pied, sur un trajet qu'il connaît déjà.

La question utile n'est pas « combien de mètres » mais « quel trajet réel » : l'école, le travail, l'arrêt de transport. Un local à deux rues d'une école primaire capte un passage que le même local, à la même distance en ligne droite mais séparé par une avenue, ne capte pas.

Quelques repères aident à juger un trajet à pied :

  • une école ou une crèche sur le chemin, qui crée un passage régulier ;
  • un arrêt de bus ou de tram proche, qui amène des clients venus d'ailleurs ;
  • une avenue large ou une voie ferrée, qui coupe un trajet pourtant court sur le papier.

Pour vérifier un trajet, on le marche, ou on le regarde sur un plan qui montre les rues et pas seulement les distances à vol d'oiseau.

Ce que montre une liste de concurrents

Une liste SIRENE croisée sur les deux codes donne, pour une commune donnée, les établissements actifs à une date précise. Ce total vient du croisement des deux codes, pas d'une estimation.

Un nombre seul ne dit pas si une zone est prise ou libre : il dit combien d'établissements existent, et c'est la première donnée à vérifier avant toute autre lecture. La suite demande de localiser chacun sur une carte, puis de regarder lesquels sont proches du local visé.

Studama affiche cette liste et sa carte pour une commune en moins d'une demi-heure, à partir des mêmes codes SIRENE.

La clientèle reste le point de départ de toute étude de marché boulangerie, et le bail ne se signe qu'après avoir marché le trajet jusqu'au local.

Lire la méthode complète sur Studama : https://studama.fr/apercu

Les chiffres viennent de sources publiques datées, cités avec leur maille.

Louann Duclos, fondateur de Studama. Les chiffres viennent de sources publiques datées, cités avec leur maille. Le sujet d’une étude est un territoire, jamais une personne.

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